Sur une carrière de 45 ans à temps plein, il peut être estimé que vous travaillerez environ 90 000 heures. Le temps est long si l’on endure son emploi. Une telle personne peut venir à se demander : mais qui sont ces gens heureux au travail ? Et il s’agit d’une excellente question!
Il n’y a pas de formule simple ou de réponse universelle. C’est souvent une combinaison d’intérêts, de compétences, de valeurs et de traits de personnalité bien arrimés à l’emploi qui crée ce sentiment de cohérence que certaines personnes expriment face à leur quotidien professionnel.
Cela dit, il y a définitivement des pistes pour tenter de comprendre ce qui fait qu’une personne se sent heureuse dans son travail. Peut-être reconnaîtrez-vous la valeur de certains des besoins plus bas si vous en ressentez le manque actuellement ou l’avez ressenti par le passé …
Le plaisir
Que faisiez-vous la dernière fois que vous avez été enthousiaste dans le cadre d’une expérience de travail ?
Le travail peut être plus qu’une simple succession d’obligations. De différentes responsabilités découlent différentes actions : convaincre, diriger, collaborer, informer, optimiser, conseiller, rechercher, décider, etc. Tous ces verbes évoquent un souvenir et un intérêt différent en vous. Ces mots tentent de vous dire quelque chose. Lesquels sont à prioriser pour vous retrouver dans un emploi qui vous ressemble davantage ? La dynamique d’équipe n’est pas à négliger non plus, elle qui peut affecter le quotidien au travail de façon significativement positive ou négative.
Le sentiment de compétence
Que faisiez-vous la dernière fois que vous vous êtes senti particulièrement performant dans votre expérience de travail ?
L’intérêt ne rime pas toujours avec la performance comme la performance ne rime pas toujours avec l’intérêt. C’est en maîtrisant des tâches peu intéressantes pour soi que naît l’ennui. En même temps, d’avoir à accomplir des tâches pour lesquelles on se sent fréquemment peu performant ou peu préparé peut définitivement nourrir un sentiment de stress inconfortable. Certains l’appelleront le syndrome de l’imposteur. La confiance en soi peut venir influencer notre désir de persévérer ou de se retirer, mais n’en demeure pas moins que l’inconfort ou le stress est probable lorsque le sentiment de compétence est faible.
Le stress au travail
Quels contextes ou responsabilités au travail ont occasionné le plus de stress pour vous dans les dernières années ?
Comme les besoins précédents, le stress est aussi une expérience très subjective. L’élément déclencheur varie : c’est parfois la charge de travail, la nouveauté, la conciliation travail-famille, la difficulté ressentie, la prise de parole en public, le poids de nos décisions sur les autres, etc. Bien identifier puis comprendre ses facteurs de stress peut grandement contribuer à cibler des contextes de travail qui respectent nos limites ou encore, à développer des stratégies adaptatives pour mieux vivre ses responsabilités professionnelles.
La sécurité financière
Quel revenu atteignable me permettrait d’éviter de m’inquiéter vis-à-vis mes finances personnelles ?
Il est difficile d’ignorer ce besoin. Nous avons beau rejoindre les autres critères, si la rémunération ne permet pas de subvenir suffisamment à ses besoins, les chances de se sentir heureux diminuent. Ce n’est pas nécessairement une question de croissance financière, mais plutôt de sécurité financière. Bien sûr, rares seront ceux qui se contenteront d’un minimum, mais minimum il y a tout de même pour se sentir en sécurité et confortable au quotidien et face à l’avenir. En même temps, plus notre minimum salarial est élevé, moins il risque d’avoir d’opportunités accessibles. Où tracez-vous cette ligne pour vous ? En cas de doute, un conseiller financier pourrait vous aider à clarifier votre situation financière selon vos engagements.
Le sentiment de fierté
Par le passé, quels accomplissements professionnels m’ont rendu le plus fier?
L’opportunité de se développer et le sentiment d’accomplissement peuvent grandement contribuer au sentiment de bien-être au travail. L’accomplissement peut prendre l’apparence de défis à relever, alors que pour d’autres, cela peut être une question d’impact sur les gens ou sur la société ou encore parfois une question de prestige ou d’employeurs. Il implique surtout de trouver sa propre mission et ce qui tend à entraîner cette grande satisfaction chez soi pour tenter d’en vivre plus fréquemment. Son contraire, la honte, peut faire déclencher des questionnements avec beaucoup d’intensité.
L’état de santé
Quel contexte de travail m’est-il important de considérer pour s’assurer de respecter mon état de santé ?
Bien que tous les autres besoins pourraient être remplis, si chaque jour occasionne des douleurs difficilement raisonnables ou des enjeux de nature médicale, il n’est pas étonnant d’entretenir l’idée d’un changement d’emploi. Parfois, le changement est imposé car un point de non-retour a été atteint. D’autres fois, il demeure possible de se projeter : pendant combien de temps vais-je pouvoir soutenir ce quotidien ? Il n’y a pas de réponse unanime. Selon votre état de santé, c’est quelque chose dont vous pourriez même discuter avec votre médecin, qui sera en mesure de vous partager de l’information si la question vous chicote.
Inspirés d’Yves St-Arnaud* (1996), ces besoins peuvent constituer des balises générales pertinentes à l’aube d’une réflexion quant à son maintien ou un éventuel changement d’emploi. Pour vous aider à clarifier ce qui contribuerait à un emploi plus épanouissant pour vous, un conseiller d’orientation est susceptible de pouvoir vous aider à pousser plus loin votre réflexion.